Sud-Kivu : l’élevage porcin aussi frappé par la guerre.

Kivu Info

L’insécurité qui se vit dans la partie Est de la République Démocratique du Congo n’a pas laissé indifférent le secteur d’élevage dans la province du Sud Kivu. 

Des dizaines de porcheries y ont déjà fermé des portes par manque de nourriture suffisante pour les bétails.

A la base; l’usine de production des boissons, la Bralima, jadis considérée comme le poumon alimentaire des porcs en province a arrêté sa production après le pillage et destruction de ses machines par la population quelques jours après la chute de la ville de Bukavu entre les mains des éléments de l’AFC/M23.

”Avant tout se passait bien, mais la situation s’est aggravée depuis la fermeture des activités par la société Bralima. On a plus où acheter de la drêche alors que c’est l’aliment principal dans nos porcheries. Maintenant tout est compliqué, on ne sait plus comment tenir dans cette situation, personnellement mes porcs consomment un camion de 3 tonnes de drêche par mois, maintenant comme Bralima a fermé ses portes, je n’ai plus où acheté” explique Migabo Biringanine, ingénieur agronome vétérinaire.

Difficile également de se procurer du tourteau à partir de Bunyakiri dans le territoire de kalehe et Uvira suite à l’insécurité, aussi l’impraticabilité des routes.

”On associait à la drêche du tourteau, mais actuellement il est également difficile d’arriver à Bunyakiri et Uvira où on achetait la drêche. L’insécurité est grandissante aussi les routes sont en état de délabrement très avancé” ajoute-t-il.

Ce qui justifierait la carence de la drêche et tourteau au marché, pourtant aliments principaux pour la bonne alimentation des ports.

Environ 3 mois après la suspension de production à la Bralima Bukavu, les conséquences sont énormes.

Appart de centaines d’agents de cette société forcés au chômage, c’est maintenant le tour des éleveurs des ports de fermer leurs porcheries. Des agents et agronomes y affectés sont également contrés à prendre des congés techniques. Des têtes de bétails encore présentes dans des porcheries évacuées dans une extrême urgence.

Ce qui conduit à la fermeture de plusieurs porcheries situées dans cette partie de la ville de Bukavu.

”Ici j’avais 175 tête de cochon, ça me demandait 2 camion soit 6 tonnes de drêche par mois. actuellement le nombre de têtes est réduit sensiblement par manque d’aliments. Nombreux ont déjà vidé leur porcherie, comme par exemple mes collègues qui exerçaient leurs activités à Kabare. Cette carence des drêche affecte également l’élevage de vaches et même de poules.” ajoute-t-il.

Pour résister à cette crise, dans certaines porcheries, le nombre de têtes a été sérieusement réduit à la baisse. Cece pour bien assurer l’alimentation de la partie restante.

Migabo Biringanine estime qu’avec cette situation, même la semaine risque de disparaitre, ce qui aura des conséquences énormes sur l’élevage de porcs en province.

Il appelle ainsi d’autres éleveurs à être prudent et surtout protéger au moins des espèces de bonne qualité pour relancer leurs activités après cette période d’instabilité.

Irenge Bagenda Ibag.


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