Sud-Kivu: la gestion des déchets, SOA-RDC exige « une gouvernance participative et inclusive » pour une province saine


La Synergie des Organisations d’Assainissement (SOA-RDC) exige « une gouvernance participative et inclusive d’impact dans le secteur de la gestion des déchets dans la province du Sud-Kivu. C’est ce qu’a fait savoir leur structure au cours d’une déclaration faite ce mercredi 9 Octobre 2024 au Bureau de la Société Civile du Sud-Kivu, dans la ville de Bukavu.

D’après la SOA-RDC, cette déclaration a été motivée par le risque « de la politisation observée » dans le secteur, pourtant une question technique. Elle s’indigne du fait qu’il y a une entreprise qui cherche a gagné le monopole du marché dans l’évacuation des déchets, alors que la ville (voir la province) a un grand défi à relever pour combattre l’insalubrité.

Cette organisation s’appuie sur les statistiques “fiables” issues des études menées par des chercheurs indépendants en collaboration avec la Mairie de Bukavu, et les structures intervenant dans le secteur. D’après celles-ci, les habitants de la ville de Bukavu produisent journalièrement 898 tonnes des déchets. De cette quantité, plus ou moins 135 tonnes (soit 15%) sont évacuées par les 28 structures gestionnaires des déchets dont 23 membres du réseau SOA-RDC.

La même étude renseigne que de ces 898 tonnes des déchets non évacués, 763 tonnes  polluant à grande échelle la ville et surtout le lac Kivu, proviennent en grande quantité de la Commune de Kadutu.

Voici par ailleurs les recommandations formulées par SOA-RDC, à l’intention de l’autorité provincial pour rendre l’environnement de la province (en général) sain :
  • Pour rester conforme à l’édit provincial portant gestion des déchets au Sud-Kivu, il revient au Gouvernement Provincial, selon l’article 6, d’établir urgemment un plan provincial de gestion  des déchets d’une durée de 5 ans en tenant compte des avis des services techniques, du Conseil Provincial de l’Environnement ( Organe à mettre en place), des scientifiques et des gestionnaires des déchets déjà ) pied d’œuvre. Ce plan est à présenter à  l’Assemblée Provinciale pour adoption.
  • Créée un Fonts Provincial d’appui à la gestion des  déchets au Sud-Kivu ;
  • Consolider le zonage comme système de suivi de la gestion des déchets sur toutes les avenues (une avenue n’est desservie que par une structure pour un suivi efficace et la structure en question est la seule responsable de tout acte relevant de l’insalubrité en collaboration avec le chef d’avenue) ;
  • Lancer une vaste campagne de sensibilisation porte à porte pour rendre obligatoire l’abonnement de tous les ménages et institutions au service formel de collecte des déchets mis en place par la Mairie à travers ses partenaires ;
  • Accompagner et encadrer les initiatives locales visant le recyclage à grande échelle des déchets biodégradables et plastiques en vue de la relance agricole, de l’aménagement du territoire et de la production d’autres denrées à consommer par nos différentes populations ;
  • Respecter le principe des droits acquis car les gestionnaires des déchets ont consenti d’énormes sacrifices pour investir tant soit peu dans le secteur ;
  • Règlementer par la fiscalité rigoureuse l’importation des boissons gazeuses et des emballages en plastiques, source de pollution plastique dans les différentes agglomérations du Sud-Kivu ;
  • Vulgariser les lois et les textes règlementaires en lien avec le secteur de la gestion des déchets ;
  • Mettre fin à toute sorte d’acte et des pratiques de la part de certains acteurs politiques qui visent la politisation du secteur de la gestion des déchets via des campagnes médiatiques et diabolisation comme pour opposer la population aux gestionnaires des déchets ;
  • Instaurer un système efficace des sanctions exemplaires à l’encontre des inciviques environnementaux (l’autorité de l’Etat doit se faire sentir dans tous les coins et recoins de la province. Nul n’est au-dessus de la loi et personne ne peut défier l’Etat : La pénalisation du jeu désordonné des déchets tout au long des rues , caniveaux, rivières, lacs,… est à encourager) ;
  • Réhabiliter, agrandir et construire des marchés urbains pour éviter la pollution orchestrée par les marchés pirates ;
  • Prendre des mesures efficaces pour appuyer les travaux communautaires dits SALONGO décrété par la Mairie de Bukavu (instauration du système des jetons comme à l’époque de la deuxième république, sanctions exemplaires à l’encontre de ceux qui sabotent ou politisent le SALONGO, mise en place d’un mécanisme logistique et financier pour appuyer les cadres de base et prendre et prendre en cherche les déchets entassés ça et là après le Salongo, …)
  • Prendre en charge les cadres de base par le budget provincial ou urbain/communal pour un meilleur déploiement de leur part.

Cette déclaration intervient après la réunion du mardi 1er Octobre à l’Hôtel New Riviera. Cette réunion convoquée par le Ministre en charge de l’Environnement et Porte-parole du Gouvernement provincial, a consisté à la sensibilisation des parties prenantes sur la problématique de la gestion des déchets dans la ville de Bukavu.

Signalons que Onze structures gestionnaires  des déchets, membres de la Synergie des Organisations d’Assainissement (SOA-RDC) ont répondu présentes pour cette rencontre. Il s’agit notamment de PEMEPHEA, Les Bons Samaritains, ADC/BKV-Safi, SAV, FESDD, CUDA, AGDD Services, CICO Poubel net, AEPCO, TGS et SMAM.

Eric Shukrani                                                                                                                                                                   


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