RDC : la prise de position inattendue de Modeste Bahati Lukwebo sur la constitution fait réagir l’UDPS

Kivu Info

La déclaration du deuxième vice-président du Sénat, Modeste Bahati Lukwebo, sur la question du changement ou de la révision de la Constitution en République démocratique du Congo suscite des réactions au sein de la classe politique, notamment dans les rangs de l’UDPS, parti présidentiel.

S’exprimant récemment sur ce débat, le sénateur Bahati Lukwebo a estimé que la RDC ne souffre pas d’un problème de textes, mais plutôt d’un problème d’hommes appelés à respecter les lois déjà en vigueur. « Le pays n’a pas un problème de textes ; le pays a un problème d’hommes », a-t-il déclaré, tout en appelant ceux qui ont des préoccupations sur la Constitution à venir en discuter autour d’une table. Il a également ajouté : « Quand on aime son chef, on lui dit la vérité. »

Cette position apparaît inattendue pour certains acteurs politiques, surtout dans un contexte où le débat sur la relecture de la Constitution a déjà été évoqué au sommet de l’État. En effet, le président de la République, Félix Tshisekedi, s’était prononcé en faveur d’une relecture constitutionnelle lors de plusieurs étapes de ses récentes itinérances à l’intérieur du pays.

Réagissant à ces propos, le secrétaire général adjoint de l’UDPS, Deo Bizibu, s’est interrogé sur la position du sénateur Lukwebo, rappelant que la question de la Constitution fait déjà l’objet de discussions au sein de la majorité présidentielle.

Dans sa réaction, Deo Bizibu se demande notamment si le sénateur Bahati Lukwebo peut prétendre ignorer l’existence de ces discussions « au sommet de l’État et au sein de l’Union sacrée dont il est membre du présidium ». Il s’interroge également sur le fait que l’ancien président du Sénat n’ait pas saisi l’occasion, depuis plus d’une année, pour aborder cette question et dire ce qu’il considère être la vérité au chef de l’État.

Pour le cadre de l’UDPS, cette sortie médiatique traduit un désaccord de vision entre le sénateur et les autres membres de l’Union sacrée. « Le constat est simple : le sénateur Bahati Lukwebo ne partage plus la même vision avec les sociétaires de l’Union sacrée », affirme-t-il.

Deo Bizibu estime par ailleurs que dans le contexte sécuritaire actuel, marqué par l’agression attribuée au Rwanda et à son président Paul Kagame, les acteurs politiques congolais devraient privilégier l’unité nationale derrière le commandant suprême des forces armées, le président Félix Tshisekedi.

Selon lui, à cette étape de la lutte contre l’occupation de certaines zones de l’Est du pays, les Congolais devraient mettre de côté leurs divergences politiques jusqu’à la libération totale du territoire. Il estime également que cette responsabilité incombe encore davantage aux leaders originaires du Kivu, dont fait partie le sénateur Bahati Lukwebo.

Cette controverse relance ainsi le débat sur la révision constitutionnelle en RDC et met en lumière des divergences de plus en plus visibles au sein de la majorité présidentielle.

Ibag Bagenda.


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