Dans le but de dénoncer l’exploitation illicite des minerais dans la province par des entreprises étrangères, la Société Civile du Sud-Kivu a organisé ce mercredi 8 Janvier 2024 une marche pacifique.
Dans un mémorandum lu par Maitre Néné Bintu, présidente du bureau de coordination de la SOCIV (Sud-Kivu), et dont celui-ci est adressé au président de la République, la Société Civile s’indigne du fait que la matière première exploitée au Sud-Kivu ne contribue pas à son développement.
« Excellence monsieur le président, la nation est en danger, nos minerais sont pillés en longueur de journée par les sociétés dont la plupart à capitaux chinois et la population est dans une pauvreté, les routes sont très délabrées, des difficultés d’accéder à l’eau potable, aux soins de santé, à l’éducation, à l’électricité, à l’emploi, etc. » Peut-on lire dans leur correspondance.
Pour la Société Civile, cette situation « n’a que trop duré » et doit cesser maintenant, comme l’a promis le président de la République dans son premier mandat, notamment avec son slogan « le peuple d’abord ».
« La population du Sud-Kivu se sent de plus en plus abandonnée, meurtrie, pillée et peine à comprendre que certains de ses fils accompagne cette mafia, oubliant que la génération présente et future ont aussi droit de jouir des richesses nationales » Poursuit ce mémo.

Cette structure citoyenne se dit ne pas refuser les investisseurs « à l’égard des entreprises chinoises, ou de toute autre entreprise étrangère qui désire exploiter nos minerais ». Celle-ci plutôt exige le respect de la législation congolaise, qui impose les responsabilités sociétales des entreprises, le respect des droits humains, la traçabilité dans le cadre de l’initiative pour la transparence de l’industrie.
« Nos minerais doivent désormais contribuer au développement de nos entités, et non contribuer à la guerre et au blanchissement d’argent. Nous décourageons et refusons la fraude minière ; surtout le faite qu’il s’opère parfois en complicité avec certains de nos compatriotes qui ne se soucient pas jamais de la misère du peuple. Comment peut-on comprendre que dans un site minier comme Karembo, où l’on exploite d’importante quantité d’or depuis 2021 dans le territoire de Mwenga où la population de Lugushwa, Kitutu, on y passe à longueur de journée, la Route Nationale Numéro 2 qui traverse ces deux territoires soit impraticable ? Qui profite de l’or produit dans nos territoires et à qui cela profite-t-il ? » Se demande la population du Sud-Kivu à travers la Société Civile.
Signalons que cette action a consisté également à dire non à la guerre d’agression que subit la RDC et qui est à la porte du Sud-Kivu. A ce titre, la Société Civile envisage trois jours de sit-in à la frontière avec le Rwanda pour manifester son indignation vis-à-vis de cette agression, et où elle va exiger la fermeture des frontières à Ruzizi I, Ruzizi II et à Kamanyola.
Eric Shukrani