L’activiste Clovis Mutsuva, connu à Beni pour ses prises de position en faveur de la paix et pour l’organisation de plusieurs manifestations citoyennes, a été interpellé dans l’après-midi de ce samedi 18 juillet 2026 en ville de Beni. Son arrestation suscite déjà de nombreuses réactions au sein de la population et des milieux engagés dans la défense des droits civiques.
Selon plusieurs sources concordantes ainsi que des proches de l’activiste, Clovis Mutsuva a été arrêté dans le quartier Matonge avant d’être conduit à l’auditorat militaire, où il serait actuellement détenu. Les circonstances exactes de cette interpellation n’ont pas encore été officiellement communiquées par les autorités compétentes.
Depuis plusieurs semaines, l’activiste figurait dans le viseur des services de sécurité. Il s’était illustré par ses critiques répétées contre l’état de siège en vigueur au Nord-Kivu, estimant que cette mesure exceptionnelle n’avait pas permis d’éradiquer l’insécurité persistante qui continue de faire des victimes dans la région, notamment à la suite des attaques attribuées aux rebelles ADF.
Clovis Mutsuva dénonçait également la gestion de certains projets d’infrastructures initiés sous l’administration du gouverneur militaire du Nord-Kivu.

Selon lui, plusieurs chantiers annoncés à grand renfort de communication seraient restés inachevés, tandis que leur coût aurait été largement surfacturé. Ces dénonciations lui avaient valu de nombreuses critiques, mais aussi le soutien d’une partie de la population qui réclamait davantage de transparence dans la gestion des affaires publiques.
Figure bien connue dans la recherche de la paix à Beni, Clovis Mutsuva s’est toujours présenté comme un défenseur des victimes des violences armées et un militant engagé contre les massacres perpétrés dans la région.
Son arrestation intervient dans un contexte sécuritaire et politique particulièrement sensible. En attendant une communication officielle des autorités sur les motifs de son interpellation, plusieurs observateurs appellent au respect de la procédure judiciaire, des droits de la défense et des libertés fondamentales.
Elie Mariboyi, notre correspondant à Beni