Nord-Kivu: Human Rights Watch accuse l’armée rwandaise et le M23 d’avoir bombardé des camps de déplacés (Rapport)

Kivu Info

L’Organisation de défense des droits humains, Human Rights Watch a porté des accusations contre l’armée rwandaise et des rebelles, pour avoir « bombardé aveuglement » des camps de déplacés aux environs de la ville de Goma, dans le Nord-Kivu.

D’après le rapport publié ce jeudi 26 septembre par cette organisation, la ville de Goma est en danger, depuis la prise de la Cité de Sake (en début de l’année) par les agresseurs. Ces derniers lancent de l’artillerie et des roquettes, en ciblant notamment des camps de réfugiés à Kibumba, dans les périphéries de la ville de Goma.

Human Rights Watch dans son rapport renseigne que le 3 mai dernier, « entre 10 et 11heures du matin », au moins trois roquettes avaient touché des camps de déplacés à 15Km, à l’Ouest de Goma. Selon cette ONG, ces tirs provenaient (ce jour-là) d’une position de l’armée rwandaise et du M23 au Nord-Ouest de Saké. Et ici, 17 civils (dont 15 enfants) avaient succombé de ses frappes sur des vies innocentes.

Quelques semaines plus tôt, le 2 février, c’est une roquette attribuée aux forces rwandaises et au M23 qui était tombée à moins de 100 mètres d’une école primaire, peut-on lire dans le rapport qui documente de possibles « crimes de guerres » et dénonce « un mépris total à l’égard de la vie des civils » de la part de toutes les parties en conflit.

Violation du droit de la guerre :

Dans les deux cas, il s’agit de « roquettes 122 millimètres », des armes lourdes, explosives et réputées peu précises. « Une violation du droit de la guerre » Bombarder des zones densément peuplées sans distinguer clairement cibles civiles et militaires constitue « une violation du droit de la guerre », rappelle cette ONG de défense des Droits humains.

Celle-ci n’a pas épargné les FARDC, qui sont accusées d’avoir positionné leur artillerie à proximité des camps, exposant par ce fait les civils aux tirs ennemis.

Ce fut notamment le cas, selon l’ONG, le 31 mai quand l’armée congolaise a commencé à tirer depuis une position située à quelques centaines de mètres d’une garderie dans le camp de Lushagala, laissant à peine le temps au personnel d’évacuer avant la riposte. « Une frappe » tombée « à 100 mètres de la garderie », selon Human Rights Watch.

Le Rapport documente également une longue série d’exactions attribuées à l’armée congolaise et aux Wazalendo à l’intérieur des camps de déplacés : meurtres, tortures, exécutions sommaires et de nombreux cas de viols.

Rappelons qu’en Août dernier, Médecin Sans Frontière (MSF) avait déclaré qu’une jeune femme sur 10 dans les camps à Goma, et dans les environs avait signalé avoir été violée entre Novembre 2023 et avril 2024. Ce chiffre pouvant atteindre 17%  dans certains camps.

La Rédaction


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