En marge de la journée internationale de la banque ou « poisson d’avril » célébrée chaque le 1er Avril, Kivuinfo.com, s’est entretenu avec Eugène Vomba, psychologue clinicien basé dans la région de Beni, à l’est de la République Démocratique du Congo.
Ce dialogue a permis d’explorer comment le mensonge, la désinformation et la propagande affectent « profondément » la perception des civils et des militaires en temps de guerre, cas de l’Est de la RDC.
Pour lui, à cette période de guerre, la désinformation semble occuper la première place parmi les facteurs de manipulation pendant cette période.
D’après Eugène Vomba, le premier facteur « c’est le biais de communication et le biais de confirmation ».
« Les gens ont tendance à croire aux informations qui confirment leurs croyances préexistantes. La peur et l’incertitude en temps de guerre poussent les gens à rechercher des explications, même fausses, pour donner un sens aux événements » A interpellé notre interlocuteur.
« L’exposition répétée à des informations, qu’elles soient bonnes ou mauvaises, les rend plus crédibles aux yeux du public » A-t-il poursuivi.
Celui-ci explique que l’influence des figures d’autorité joue un rôle crucial, car les déclarations officielles sont souvent perçues comme fiables. Ceci, même lorsqu’elles sont mensongères, a renchéri le natif de Beni dans son interview accordée à notre rédaction.
Les mensonges peuvent renforcer le moral

Dans ses propos Eugène Vomba précise que « les mensonges en temps de guerre », peuvent être utilisés pour renforcer le moral des troupes par des exagérations.
Il a aussi ajouté que ces mensonges peuvent aussi diviser une société, cela, en créant des fractures entre groupes sociaux et nourrir des conflits internes.
« La désinformation peut rendre une population passive ou la pousser à des réactions extrêmes basées sur des informations erronées. Ceci a des conséquences à long terme sur la Santé mentale » A-t-il fait savoir.
Celui-ci précise que « le trouble de stress post-traumatique peut être aggravé par la révélation de manipulations dont les individus ont été victimes. Ce qui crée la méfiance chronique envers les institutions et les médias » Regrette ce psychologue clinicien de Beni.
Pour lui, les troubles identitaires et existentiels peuvent survenir lorsqu’on découvre qu’on a été trompé, et cela engendre des crises existentielles et dépressives.
L’importance de l’esprit critique

Eugène Vomba souligne que la journée internationale des mensonges (Poisson d’Avril) devrait être une occasion de sensibiliser à l’importance de l’esprit critique et de l’éducation aux médias.
Il appelle à vérifier toutes les informations avant de les partager, considérant cela comme une responsabilité psychologique pour tous, qu’on soit journaliste ou simple citoyen.
Il sied de préciser que , les mensonges et la désinformation en temps de guerre ne sont pas seulement des outils de manipulation, mais aussi des armes capables de saper la résilience psychologique des populations et de perturber durablement la cohésion sociale.
Elias Lwayivweka, notre correspondant à Bunia