Dénoncé il y a quelques mois par certains agents du secteur minier, le dossier relatif aux 50 kg d’or qui auraient échappé au contrôle de l’État congolais continue de susciter des réactions en Ituri.
L’acteur politique Bruno Akilisende est de nouveau monté au créneau pour appeler à une justice indépendante dans le traitement de cette affaire.
À l’origine de cette démarche, Max Nissan Amade, point focal de la Grande Orientale et chargé de mission du chef de l’État pour la médiation et la résolution des conflits, avait sollicité la mise en place d’une commission d’enquête afin d’établir les responsabilités après les dénonciations des agents des Mines.
Actuellement entre les mains de la justice, le dossier a déjà connu une première confrontation, il y a quelques jours, entre les agents dénonciateurs et le chef de division des Mines ad intérim.
Dans une déclaration faite ce mardi 3 novembre 2026, Bruno Akilisende affirme que l’attention de toutes les parties est désormais tournée vers la justice, dont il attend une décision à la hauteur des enjeux de cette affaire.
« Dossier des 50 kg d’or : nos yeux, nos oreilles sont braqués vers la justice et nous allons suivre ce dossier jusqu’à la fin », a-t-il déclaré.
L’acteur politique a également dénoncé ce qu’il considère comme une irrégularité dans le déroulement de la première confrontation. Selon lui, sur les quatre agents concernés par cette affaire, seuls deux auraient été autorisés à accéder à la salle d’audience, tandis que les deux autres seraient restés à l’extérieur.
« Comment peut-on comprendre que deux agents soient écartés lors de la première confrontation alors qu’ils étaient au nombre de quatre ? Je ne comprends pas la manière dont la justice a procédé. Écarter certains agents et en accepter d’autres pour les mêmes faits, dans une confrontation qui concerne tout le monde, soulève des interrogations et peut laisser penser à une éventuelle corruption. Nous ne faisons pas pression sur la justice, mais nous demandons simplement qu’elle soit indépendante dans ce dossier. C’est une affaire dans laquelle l’État devrait pouvoir mobiliser d’importantes recettes. Nous voulons que les responsabilités soient établies et que les personnes reconnues coupables soient condamnées. 50 kg d’or, ce n’est pas 50 kg de sucre, encore moins du sel », a-t-il martelé.
Bruno Akilisende estime par ailleurs que l’évolution de cette affaire en Ituri attire désormais l’attention du président de la République, Félix Tshisekedi. Il met en garde contre toute tentative d’influence sur le processus judiciaire.
« Tout ce que la justice est en train de faire en Ituri attire l’attention du président de la République. Nous ne pouvons pas laisser la justice être caporalisée, encore moins manipulée au détriment des intérêts de l’État congolais », a-t-il déclaré.
Par ailleurs, l’acteur politique a établi une comparaison entre la situation minière de l’Ituri et les enquêtes menées dans la province du Lualaba, qu’il a saluées, notamment en lien avec la saisie rapportée de 500 camions transportant du cuivre et du cobalt.
Au regard de cette situation, Bruno Akilisende sollicite l’intervention du ministre d’État, ministre de la Justice et garde des Sceaux, Guillaume Ngefa, afin que le procureur général près la Cour de cassation soit dépêché en Ituri pour mener des investigations sur les différentes préoccupations liées au secteur minier.
Il estime que la présence de cette haute autorité judiciaire permettrait de faire toute la lumière sur le dossier des 50 kg d’or et d’autres questions liées à la gestion du secteur minier dans la province.
Ces déclarations interviennent alors que l’opinion publique attend toujours les conclusions de la procédure judiciaire sur cette affaire qui soulève des interrogations autour du contrôle des ressources minières et de la mobilisation des recettes publiques en Ituri.
Rédaction
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