Ça fait maintenant six (6) ans depuis que la ville de Bukavu vit le calvaire des incendies sans précédents. Une situation urgente, qui n’a pourtant jamais été prise au sérieux par les autorités, ni par la population elle-même.
Cette catastrophe qui a commencé et présenté comme des simples imprudences de manipulation, a tour à tour changer de version aux yeux de l’opinion. Pendant ce temps, des pertes en vies humaines sont comptés à des dizaines, des milliers de maisons parties en fumée, et autres dégâts matériels énormes des familles sinistrés ont été enregistrés.
Plusieurs raisons ont été avancées par l’opinion publique, pour essayer d’expliquer les causes de ces incendies à Bukavu.
Pour aider l’opinion à comprendre ce qui se passe, notre rédaction est revenue sur différentes connotations attribuées à cette catastrophe, qui n’a pas encore dit jusque-là son dernier mot dans la ville montagneuse :
Incendie, une imprudence à Bukavu ?
Le facteur « imprudence » a été au départ, la cause attribuée aux incendies dans le chef-lieu du Sud-Kivu. Cela a duré, jusqu’aux jours où sa fréquence (de l’incendie) a augmenté considérablement, pour aller à un cas toutes les semaines.
La manipulation des outils comme réchaud à gaz, cafetiers, etc. sont aussi dangereux, mais l’on ne peut pas etre maladroit chaque jour.
Il est vrai que l’imprudence est un accident, et un accident ne se présente pas aux mêmes endroits d’une manière répétitive. Cela a directement mis de côté l’option imprudence dans nos analyses.
C’est alors des mauvaises installations électriques ?
Ceci était jusque-là le problème indexé par une bonne partie de l’élite de la ville. Et, des autorités sont parties sur cette piste, en sensibilisant la population sur la question (en vain).
Les installations de Cash-power par des techniciens de la SNEL, ont été soupçonnées. Mais, l’incendie à Bukavu touche (en grande partie) des communes qui n’ont pas des cash-power. Ce qui a mis également cette option de côté.
Des techniciens privés qui installent dans des ménages sont aussi innocentés, cela, par le fait que des maisons prennent également feu même dans des quartiers, à l’absence du courant électrique : cas de l’incendie de ce samedi 17 Août sur avenue Hippodrome (entre 14h-16h), alors que la SNEL avait coupé le courant depuis 10h00 dans une bonne partie de la ville dont Hippodrome, pour raison d’entretien (confer communiqué de la SNEL de ce 17 Août 2024).
Action criminelle ?
Plusieurs témoins, victimes (sinistrés), affirment chaque fois quand il y a incendie, des personnes non identifiées se mêlent aux sapeurs-pompiers pour éteindre le feu et sauver des biens. Seulement, des biens sauvés disparaissent dans la foulée.
Quand il faut détruire d’autres maisons pour limiter la propagation, ces mêmes personnes ont le feu-vert d’entrer où ils veulent dans ces maisons. Mais à la fin, aucun bien n’est récupéré (souvent) par le propriétaire de la maison, déjà sous le choc.
Une famille de Mulengeza avait dénoncé un chantage dont elle avait été victime il y a quelques jours. Cela à travers une lettre ramassée dans son enclos, et qui serait écrite par un groupe “dénommé Coma-coma’. Dans cette lettre dont la copie a circulé dans les réseaux sociaux, ces voyous réclamaient une somme d’argent pour ne pas venir incendier leur maison. Ces menaces, qui sont une preuve tangible de la criminalité des incendies à Bukavu.
Cet aspect de chose, nous a poussé à penser que ces mêmes personnes sont derrières ces incendies à répétition dans la ville de Bukavu. Ces personnes seraient associées à des ramasseurs des déchets métalliques (communément appelé « Mabende ») aussi accusés pour la même cause. Il est donc vu que les vrais responsables de ces forfaits, seraient « ces voleurs », déguisés en sapeurs-pompiers lorsque la maison est déjà en feu et qu’il y a débandade.
Piste de solution
Cet indice prend du crédit car, à chaque fois qu’il y a incendie, le taux de cas maitrisés est vraiment négligeable. Comme pour dire, les sauveurs attendent toujours que le feu soit immaîtrisable, et alors intervenir.
Pour combattre les incendies à Bukavu, il faudrait donc réfléchir sur l’intervention à mener sur le terrain lorsqu’il y a un problème. Il faut également sensibiliser la population à être vigilante avec leurs ménages (surtout se méfier de tous visages inconnus au quartier). Mieux vaut prévenir, que guérir dit-on.
Des services de sécurités sont ainsi appelés à se mobiliser et fournir des efforts, pour démanteler ce réseau des bandits, auteurs du malheur de la paisible population endeuillée par ce fléau.