Bukavu et Goma : les conseillers communaux, grands oubliés d’une législature marquée par la guerre

Kivu Info

À Bukavu comme à Goma, les conseillers communaux apparaissent aujourd’hui comme les grands perdants de la législature issue des élections de décembre 2023.

Élus au terme d’un processus coûteux et exigeant, ces représentants de proximité se retrouvent désormais relégués au second plan, victimes silencieuses d’un mandat difficile et d’une guerre qui a bouleversé l’Est de la République démocratique du Congo.

À l’époque, nombreux avaient engagé d’importants moyens financiers, parfois au prix de dettes ou de sacrifices familiaux pour accéder à ces fonctions électives. Mais une fois élus, la réalité du pouvoir local s’est révélée bien différente.

Pour espérer être pris en charge ou simplement reconnus, les conseillers communaux ont multiplié des démarches et même des manifestations, souvent sans succès.

Sur le terrain, leur mission de contrôle des bourgmestres s’est heurtée à un mur institutionnel. Plusieurs d’entre eux affirment n’avoir jamais été réellement considérés par les autorités communales qu’ils étaient pourtant censés encadrer. Certains parlent aujourd’hui d’une véritable arnaque politique, d’autres évoquent la malchance ou un système qui les a broyés.

Avec le temps, leur visibilité auprès de la population s’est éteinte. Faute de moyens financiers, ils n’ont pas pu maintenir une présence à travers des œuvres sociales ou des actions caritatives, seul levier souvent utilisé par les politiciens pour rester proches des citoyens. Résultat : le peuple ne se souvient presque plus d’eux.

Autrefois appelés « honorables », beaucoup sont redevenus de simples chômeurs. Certains passent désormais leurs journées à la maison, sans activité, sans revenu et sans reconnaissance. La situation s’est davantage détériorée après la prise de Bukavu et de Goma par le M23. Contrairement aux députés et à d’autres autorités qui ont pu se mettre à l’abri, plusieurs conseillers communaux n’ont pas eu les moyens de fuir.

Ils vivent aujourd’hui comme de simples citoyens ordinaires, exposés aux mêmes difficultés, aux mêmes peurs et à la même précarité que la population qu’ils représentaient hier encore. Ceux qui auraient dû conserver un statut et une protection vivent désormais dans l’anonymat total.

« La guerre n’est jamais bonne », confient-ils avec amertume.

Rédaction. 


Kivu Info

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *