Le débat sur le changement et/ou la modification de la constitution prends de l’ampleur en République démocratique du Congo.
Alors qu’au paravent, les acteurs de la société civile, mouvement citoyen et des partis politiques de l’opposition croyaient à une simple provocation des quelques animateurs des partis politiques au pouvoir, aujourd’hui ce n’est plus le cas.
L’hypothèse est en train de se confirmer du jour au jour.
Dans son meeting populaire fait à Kisangani le mercredi 23 octobre, le président de la république Félix Tshisekedi a confirmé cette volonté du pouvoir en place de vouloir réviser la constitution. Pour lui, elle a été mal rédigée.
« Pour changer le nombre de mandat présidentiel, il faut que vous, le peuple, vous puissiez le décider ; ce n’est pas la tâche du président. L’actuelle Constitution n’est pas bonne, elle a été rédigée dans un pays étranger » a-t-il insisté.
L’actuel secrétaire général de l’UDPS, parti présidentiel, a même précisé que c’est cette constitution qui bloque le président actuel à matérialiser ses rêves.
« Cette Constitution bloque beaucoup de choses et le chef de l’Etat a le soutien de l’UDPS et de la population » a-t-il précisé.
D’autres cadres et membres du présidium de l’union sacrée restent toujours silencieux face à cette préoccupation, qui, déjà énerve non seulement l’opposition, mais aussi les structures de la société civile y compris l’église catholique.
Qu’il n’écoute pas ses collaborateurs, qui ne voient pas plus loin que leurs ventres.
A la radio Okapi où il avait intervenu, Abbé Donatien Nshole, a rappelé au président de la république que c’est bien lui qui assumera la responsabilité de ce qui arrivera.
Ce prélat catholique a précisé que cet projet de la révision de la constitution ne passera pas sans un bras de faire social, avec comme conséquence des nouvelles tensions dans un pays déjà fragilisé.
« Je vais le supplier d’écouter les évêques, qui tous réunis ensemble ne peuvent vouloir que le bien de ce pays. Qu’il n’écoute pas ses collaborateurs, qui ne voient pas plus loin que leurs ventes, leurs familles, leurs pouvoirs. C’est lui qui assumera la responsabilité de ce qui arrivera » conseil-t-il président de la république.
Même son de cloche pour les principaux opposants politiques qui se préparent déjà à affronter farouchement cet projet.
C’est le cas de Martin Fayulu de l’ECIDé qui estime que le président veut jouer avec le feu.
« Félix Tshisekedi joue avec le feu comme un gamin. Nous ne le laisserons pas toucher à la Constitution ” a-t-il insisté.
Le Camp Katumbi de l’ensemble pour la république l’assimile à un quatrième faux penalty que Félix veut s’attribuer. Pour lui, ça ne passera pas.
« Un quatrième faux pénalty. Heureusement, Dieu fait des choses. Nous avons combattu ensemble ici à Bruxelles avec Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe pour empêcher Kabila de modifier la Constitution. Aujourd’hui, on veut nous faire croire que cette même Constitution est un problème. Non, c’est la mauvaise gouvernance qui l’est » regrette Moïse Katumbi.
Ceux du front commun pour le Congo FCC plate forme de Joseph Kabila ancien président de la RDC, se disent prêts à mourir pour vu que cette constitution ne soient touchée.
« Ne pas être prêt à mourir pour défendre ses droits, c’est se faire complice de son bourreau » préviennent-ils.
Malgré toutes ces interventions des acteurs politiques et sociaux, le parti au pouvoir ne semble pas abandonné son projet. Il y croit toujours.
Ses membres et proches continuent à prêcher la révision de la constitution partout où ils passent.
Pour eux c’est la meilleure solution pour débloquer le développement de la république démocratique du Congo.
Rédaction.