RDC : le rapport de The Sentry sur le financement des ADF relance les alertes de Max Nissan sur la traçabilité de l’or en Ituri

Kivu Info

Le rapport de l’organisation non gouvernementale The Sentry sur les sources de financement des Forces démocratiques alliées (ADF) relance le débat sur la traçabilité de l’or en Ituri, une question déjà soulevée par Max Nissan Amade, point focal de la Grande Orientale et chargé de mission du chef de l’État pour la médiation et la résolution des conflits.

Selon les informations rapportées dans ce document, les ADF, actifs notamment en Ituri et au Nord-Kivu, tireraient une partie de leurs ressources du commerce illicite de l’or acheminé vers l’Ouganda et les Émirats arabes unis. Le groupe armé bénéficierait également de revenus issus du commerce du cacao et des rançons.

Le rapport indique par ailleurs que les sources de financement des ADF auraient évolué et que le groupe dépendrait moins de l’État islamique qu’auparavant. Il classe également cette organisation parmi les groupes armés les plus meurtriers au monde en 2025.

Max Nissan avait-il anticipé les risques liés à l’or en Ituri ?

Ces révélations font écho aux préoccupations exprimées précédemment par Max Nissan Amade concernant la traçabilité des minerais produits en Ituri et les liens possibles entre leur exploitation et l’insécurité persistante dans cette province du nord-est de la République démocratique du Congo.

Au cours de ses différentes interventions, Max Nissan avait notamment dénoncé le paradoxe entre les importantes richesses minières de l’Ituri et la persistance des violences armées.

« Au lieu que nos minerais nous apportent la paix et le développement, nos minerais nous apportent l’insécurité », avait-il déclaré.

À la lumière des informations rapportées par The Sentry, ses alertes reviennent au centre du débat. La question est désormais de savoir dans quelle mesure les circuits de commercialisation de l’or en Ituri peuvent être exploités par des réseaux impliqués dans l’insécurité.

Ces éléments permettent-ils de mieux comprendre les risques qu’il avait évoqués ? La question de la traçabilité de l’or mérite, en tout cas, une attention accrue de la part des autorités et des services chargés du contrôle du secteur minier.

Des alertes sur la présence de groupes armés dans les zones minières

Au-delà de la traçabilité de l’or, Max Nissan avait également dénoncé la présence présumée de groupes armés, y compris certains groupes locaux, dans des carrés miniers. Il avait aussi exprimé ses préoccupations concernant la présence de militaires dans les zones d’exploitation minière et les risques de collaboration entre certaines coopératives minières et des groupes armés.

Selon ses déclarations, certaines coopératives pourraient contribuer indirectement au financement de ces groupes. Ces allégations, qui nécessitent des vérifications, soulèvent des interrogations sur la gouvernance du secteur minier, le contrôle des sites d’exploitation et la surveillance des circuits commerciaux de l’or.

Max Nissan avait également sollicité l’intervention de la commission qui avait mené une opération à Kolwezi, au cours de laquelle environ 300 ressortissants chinois auraient été arrêtés, selon les informations évoquées par l’intéressé. Il souhaite que cette commission puisse également se rendre en Ituri afin d’y mener des opérations similaires contre les éventuels réseaux impliqués dans des activités minières illégales.

Vers un changement à la tête de la Division provinciale des Mines ?

La gestion du secteur minier en Ituri est également au cœur des préoccupations de Max Nissan Amade, qui souhaite voir les responsables de la Division provinciale des Mines remplacés.

Le point focal de la Grande Orientale affirme par ailleurs avoir évoqué la situation minière de l’Ituri avec le président de la République.

« Certainement, j’en ai parlé au chef de l’État », a-t-il affirmé.

Cette déclaration soulève des interrogations sur les suites que les autorités nationales pourraient réserver aux préoccupations concernant la gestion du secteur minier en Ituri. Aucune décision officielle de remplacement des responsables concernés n’est toutefois établie dans les éléments présentés ici.

La traçabilité de l’or, un enjeu majeur pour la sécurité en Ituri

Les préoccupations exprimées par Max Nissan, désormais remises en perspective par les informations attribuées au rapport de The Sentry, soulignent l’importance de renforcer les mécanismes de traçabilité de l’or, de contrôler les activités dans les sites miniers et d’identifier les éventuels réseaux qui tirent profit du commerce illicite des minerais.

Pour l’Ituri, l’enjeu est considérable : garantir que les ressources naturelles de la province contribuent effectivement à la paix, à la sécurité et au développement de la population, plutôt qu’à l’entretien des conflits armés.

La question reste donc ouverte : quelles mesures concrètes les autorités congolaises prendront-elles pour renforcer le contrôle de la production et de la commercialisation de l’or en Ituri, et pour prévenir son éventuel détournement au profit des groupes armés ?

Rédaction


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