L’Alliance du Peuple pour un Congo Libre et Souverain (APCLS) a publié un communiqué dans lequel elle exprime de vives préoccupations concernant la conduite de la guerre dans l’Est de la République démocratique du Congo.
À travers son porte-parole militaire, Héritier Ndangendange, le mouvement dénonce plusieurs dysfonctionnements qu’il estime préjudiciables aux efforts de défense nationale et appelle les autorités à prendre des mesures urgentes.
Une inquiétude croissante face aux drones ennemis
L’APCLS affirme que l’utilisation croissante des drones par les forces adverses constitue désormais l’une des principales menaces sur les lignes de front. Selon le mouvement, ces appareils permettent à l’ennemi de mener des frappes de précision contre les positions des combattants et mettent également en danger les populations civiles vivant dans les zones de conflit.
Le mouvement estime que, malgré l’évolution de cette menace, aucune réponse opérationnelle suffisante n’a été apportée pour neutraliser ces capacités aériennes. Il appelle ainsi le Gouvernement à mettre en place une stratégie claire et efficace afin de protéger les forces engagées ainsi que les civils.
Des combattants abandonnés malgré leur engagement
L’APCLS affirme que de nombreux combattants engagés sur les différents fronts poursuivent les opérations militaires depuis plus de huit mois sans bénéficier d’un soutien logistique adéquat.
Selon le communiqué, plusieurs unités manqueraient de rations alimentaires, de médicaments et d’autres moyens indispensables à la poursuite des opérations. Le mouvement considère que cette situation compromet non seulement les capacités opérationnelles des combattants, mais constitue également un manque de reconnaissance envers ceux qui défendent quotidiennement l’intégrité territoriale de la République.
Dénonciation d’une gestion jugée discriminatoire des ressources
L’APCLS condamne également ce qu’elle qualifie de pratiques discriminatoires dans la répartition des ressources destinées aux Wazalendo.
Dans son communiqué, le mouvement met directement en cause les honorables Ndaishimiye et Foka-Mike, qu’il accuse de privilégier certaines composantes au détriment d’autres dans la distribution des moyens financiers et logistiques.
L’APCLS estime que personne ne peut prétendre mesurer ou hiérarchiser le niveau de sacrifice des combattants présents sur le terrain. Le mouvement rappelle qu’à certaines périodes où il affrontait seul les groupes armés, plusieurs acteurs aujourd’hui impliqués dans la gestion des ressources entretenaient, selon lui, des relations avec ces mêmes groupes.
Le mouvement considère que les fonds mis à disposition par le Haut Représentant du Président de la République doivent bénéficier à l’ensemble des forces de résistance sans distinction, et non être utilisés selon des critères de proximité personnelle ou politique. Il insiste sur le fait que les ressources publiques doivent être gérées dans le respect des principes d’équité, de transparence et d’intérêt général.
Un appel en faveur des blessés et des familles des combattants
L’APCLS se dit profondément préoccupée par la situation des combattants blessés, des familles des militaires tombés au champ d’honneur ainsi que de ceux qui poursuivent les opérations dans des conditions particulièrement difficiles.
Le mouvement estime que ces hommes et ces femmes consentent d’importants sacrifices pour la défense du pays et méritent une prise en charge digne ainsi qu’une véritable reconnaissance nationale.
Il précise toutefois que cette déclaration ne vise pas à opposer les forces de résistance aux institutions de la République, mais constitue un appel destiné à attirer l’attention des autorités sur des difficultés qui nécessitent des réponses urgentes.
Des interrogations sur la gestion des Volontaires pour la Défense de la Patrie
L’APCLS demande également que des clarifications soient apportées concernant l’institution légalement chargée de la gestion des Volontaires pour la Défense de la Patrie (VDP).
Selon le mouvement, une meilleure définition des responsabilités permettrait d’améliorer l’encadrement des combattants et d’assurer une gestion plus transparente des ressources qui leur sont destinées.
Demande de libération des combattants détenus
Le mouvement réclame par ailleurs la libération de plusieurs de ses combattants qui, selon lui, avaient réussi à s’échapper des mains de l’ennemi dans le seul objectif de rejoindre leurs compagnons d’armes, mais qui demeurent privés de leur liberté.
L’APCLS estime que leur maintien en détention est difficilement compréhensible au regard de leur engagement dans la défense de la souveraineté nationale.
Un message de soutien au Chef de l’État
En conclusion de son communiqué, l’Alliance des Peuple pour un Congo Libre et Souverain adresse un message d’encouragement au Président de la République,S.E Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo. Le mouvement lui souhaite force, courage et sagesse dans la conduite de la Nation et réaffirme son attachement à la restauration de la paix, de l’unité nationale et de l’intégrité territoriale de la République démocratique du Congo.
Par cette déclaration, l’APCLS affirme vouloir attirer l’attention des autorités sur les difficultés rencontrées par les combattants engagés sur le terrain, tout en appelant à une meilleure coordination des efforts de guerre afin de renforcer l’efficacité de la défense nationale face aux défis sécuritaires persistants dans l’Est du pays.
Par JOHN ZIHINDULA.