À Beni, dans la province du Nord-Kivu, plusieurs acteurs culturels et défenseurs des droits linguistiques tirent la sonnette d’alarme face au recul progressif des langues maternelles au profit du français et de l’anglais. Selon eux, cette situation constitue une menace pour un patrimoine culturel important et pourrait conduire à la disparition de certaines langues locales.
Parmi les langues concernées figurent notamment le Kivuba, le Kipakombe et le Kinande, qui représentent des éléments essentiels de l’identité des communautés locales. Au-delà de simples moyens de communication, ces langues portent l’histoire, les traditions, les valeurs et les connaissances transmises par les générations passées.
L’activiste des droits linguistiques Achou Ukani Ubounte Guershom appelle les parents à s’impliquer davantage dans la transmission de ces langues aux jeunes générations. Il estime que la famille reste le premier espace d’apprentissage et que l’abandon progressif des langues maternelles par les foyers accélère leur déclin.
De son côté, le Mwami Atsu Taibo Alphonse plaide pour l’intégration des langues locales dans le système éducatif afin de garantir leur apprentissage auprès des enfants. Pour lui, l’école doit également contribuer à la sauvegarde de cet héritage culturel en valorisant les langues parlées par les communautés.
Les défenseurs linguistiques reconnaissent l’importance du français, langue officielle de la République démocratique du Congo, ainsi que de l’anglais, qui prend une place de plus en plus importante dans les échanges régionaux et internationaux. Toutefois, ils soulignent que leur expansion ne devrait pas entraîner l’effacement des langues maternelles.
Ils invitent les familles, les écoles, les autorités et les communautés locales à multiplier les initiatives de promotion et de protection des langues autochtones. Car, selon eux, préserver une langue revient aussi à protéger la mémoire, l’identité et la richesse culturelle d’un peuple.
Elie Mariboyi, notre correspondant à Beni