Les acteurs de la société civile et les organisations œuvrant dans le cadre du Forum des Bassins du Nil ont sensibilisé les jeunes et les femmes de la province de l’Ituri sur leur rôle dans la protection des ressources en eau et la préservation du fleuve Nil, considéré comme l’un des plus importants cours d’eau du continent africain.
Intervenant lors d’un atelier organisé ce vendredi 26 juin à Bunia, le coordonnateur de la société civile de l’Ituri, Dieudonné Lossa, a rappelé l’importance stratégique du Nil, dont certaines sources se trouvent en République Démocratique du Congo, notamment dans la région de l’Ituri.
Selon lui, les pays traversés par ce fleuve se sont regroupés afin de promouvoir une gestion concertée de cette ressource vitale. Celui-ci a souligné que la protection du Nil nécessite l’implication de toutes les couches sociales, particulièrement la jeunesse.
« Nous voulons responsabiliser les jeunes, afin qu’ils ne participent pas à la destruction des sources et des ruisseaux qui alimentent le fleuve Nil. Au contraire, ils doivent devenir des acteurs de sa protection et décourager toutes les activités susceptibles de compromettre son bon fonctionnement », a-t-il déclaré.
Face aux préoccupations liées à l’insécurité persistante en Ituri et à l’implication d’une partie de la jeunesse dans les groupes armés, Dieudonné Lossa estime que la priorité doit également être accordée à la lutte contre le changement climatique.
« La bonne guerre que nous devons mener aujourd’hui est celle contre le réchauffement climatique. Si nos actions contribuent à la dégradation de l’environnement, nous risquons de détruire les sources du Nil et d’affecter durablement son écoulement. » A-t-il averti.
L’objectif de cet atelier est de mobiliser les jeunes autour d’initiatives concrètes de protection des ressources en eau, de préservation des écosystèmes et de maintien du débit des cours d’eau qui alimentent le bassin du Nil.
Pour sa part, Mme Béatrice, chargée des questions de genre au sein du Bassin du Nil congolais, a insisté sur la place centrale des femmes dans la gestion de l’eau. Elle a rappelé que les femmes sont les premières utilisatrices de cette ressource dans les ménages, notamment pour les besoins domestiques, l’agriculture et l’élevage.
« L’eau est au cœur des activités quotidiennes des femmes. Elles devraient donc être fortement impliquées dans la gestion du fleuve Nil et des ressources hydriques », a-t-elle expliqué.
Mme Béatrice a toutefois déploré la faible représentation des femmes dans les instances de décision liées à la gestion du bassin du Nil. Elle a également évoqué les nombreux défis auxquels elles sont confrontées, notamment les problèmes de sécurité, les maladies et d’autres vulnérabilités qui limitent leur participation active aux initiatives de protection de l’environnement.
Les participants à l’atelier ont ainsi été appelés à renforcer leur engagement en faveur de la préservation du bassin du Nil, considéré comme un patrimoine commun dont dépend la vie de millions de personnes à travers plusieurs pays africains.
Justin Ndassi depuis Bunia