Les organisations de la société civile du Sud-Kivu, réunies au sein de la Coalition Congolaise pour la Justice Transitionnelle (CCJT), ont exprimé leur indignation face à la manière dont le Fonds national pour la réparation des victimes des violences sexuelles liées aux conflits et des crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité (FONAREV) collabore avec elles et avec les organisations de victimes.
Dans une déclaration rendue publique à Bukavu, ces organisations rappellent que depuis sa création par la loi n°22/065 du 26 décembre 2022, le FONAREV est devenu opérationnel en République démocratique du Congo, avec son siège à Kinshasa et une implantation progressive dans certaines provinces, dont le Sud-Kivu.
Selon la CCJT, plusieurs activités ont été organisées par le FONAREV aussi bien à Kinshasa qu’en provinces, sans une association effective des organisations de la société civile et des victimes à leur planification. Une situation jugée contraire aux principes de partenariat constructif censés régir les relations entre le FONAREV et les acteurs de l’écosystème d’aide et d’accompagnement des victimes.
Les signataires déplorent également l’absence de suites concrètes après le processus d’identification et de géolocalisation des organisations mené par les agents du FONAREV au Sud-Kivu, malgré la transmission de documents administratifs requis. Ils indiquent que cette démarche visait notamment la constitution d’une base de données des organisations partenaires en prélude à un appui financier, qui tarde à se matérialiser.
Pour ces organisations, cette situation est d’autant plus préoccupante que plusieurs structures locales travaillent depuis des années dans l’identification, l’encadrement et l’accompagnement des victimes, bien avant la création du FONAREV. Elles estiment ainsi avoir été reconnues comme organisations d’aide aux victimes conformément à la loi instituant ce fonds.
Les signataires s’inquiètent par ailleurs de la publication, en décembre 2025, d’un communiqué officiel du FONAREV annonçant le lancement du processus de présélection des ONG partenaires et des associations de victimes, alors que de nombreuses organisations locales attendent toujours des réponses claires sur leur statut et leur collaboration avec cette institution.
Tout en s’abstenant de juger l’efficacité du FONAREV, les organisations de la société civile du Sud-Kivu appellent cette institution à faire preuve de sagesse, à améliorer son image sur le terrain et à clarifier sa collaboration avec les organisations d’aide et d’accompagnement des victimes, en formalisant des partenariats transparents et inclusifs.
La déclaration est signée par plusieurs responsables d’organisations de la société civile et représentants des victimes, actifs dans la province du Sud-Kivu.
Rédaction.