Crise économique à l’Est /Bukavu : dans plusieurs familles, la vie ne tient qu’à un fil, ” la FEMME “

Kivu Info

Plusieurs femmes exerçant le petit commerce dans la ville de Bukavu, province du Sud Kivu, assurent seules la survie de leur famille pendant cette période de guerre. 

C’est le constat fait par la rédaction de Kivuinfo, lors d’une descente effectuée dans différents marchés de la ville de Bukavu le vendredi 18 avril 2025.

Chaque matin, ces femmes ”battantes” parcourent des kilomètres en train de chercher, où se ravitailler en marchandises, dont produits champêtres ( légumes, fruits…) et d’autres articles à proposer à leurs clients.

Certaines, habituées à la place, dans des taxis probox, communément surnommée VIP, y parcourent des dizaines de Kilomètres avant d’atteindre le point de ravitaillement.

” Je me réveille tôt le matin pour les travaux à domicile. Au plus tard à 6h, je dois être prête pour partir. Je me dirige souvent soit à Kavumu, Miti ou Mudaka pour y chercher de légumes. Dans des taxis, on préfère la place VIP car là on paye moins cher.” indique Nsimire vendeuse de légumes au marché de Nyawera.

Avant on prenait l’axe Nyatende-Nyangezi mais suite à l’insécurité on a abandonné cet axe.” a-t-elle ajouté.

Ceux qui n’ont pas trop de moyens, prennent la direction des villages avoisinant la ville, pour y chercher les marchandises. Ces dernières transportent des sacs de légumes au dos et parcourent des Kilomètres avant d’atteindre le lieu d’exposition.

”Moi je viens de Kabare, c’est là où j’ai acheté ces légumes. Je ne pouvais pas payer le transport, car le 3000 à 5000fc qu’on m’exige me semble trop. Cette somme peut m’aider pour autres urgences à la maison ” explique Nabintu avec ses sacs au dos.

Nombreuses de ces femmes interrogées confirment que les occupations qu’avaient leurs maris avaient brusquement arrêtées après la chute de la ville entre les mains des éléments AFC/M23. Et par conséquent, elles ne restent que seules pour assurer la survie de leurs familles.

” Mon mari était un agent d’une société de gardiennage, mais après la chute de Bukavu, on leurs avait demandé de rester à la maison en attendant que la situation redevienne normale. Actuellement il passe toute la journée à la maison, c’est difficile pour lui de décrocher une autre occupation pendant cette période ” indique Nabintu.

”Mon mari travaillait à labote dans des services de l’État. Il n’était pas matriculé mais il revenait quand même avec l’argent qui nous faisait vivre. Mais depuis le début de cette guerre, il n’a jamais repris le chemin du travail. Voilà pourquoi je suis obligé de me battre seule pour nourrir toute ma famille en attendant que la situation redevienne normale et mon mari retrouve encore son travail.” ajoute Nsimire.

Ces femmes étouffées déjà des besoins de tous les jours dans leur famille, appellent les autorités compétentes et surtout les parties en conflit à privilégier le dialogue pour trouver une solution rapide à ce conflit.

” Si cette situation dure longtemps, on arrivera à une situation où on manquera même quoi manger à la maison. Les enfants risquent de mourir de faim. Et d’ailleurs certains ont abandonné les études par manque de moyens. Qu’ils fassent vite pour trouver une solution à cette guerre ” conclut-elle.

Pour ces femmes, cette situation semble être ignorée par les autorités du pays et organisation de défense des droits des hommes et surtout des femmes, pourtant elle est pire.

Ibag Bagenda Irenge. 


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