L’insécurité qui sévit actuellement dans la partie Est de la République Démocratique du Congo engendre des conséquences néfastes au sein de la société.
Presque tous les secteurs de la vie semblent être touchés par ce conflit armé qui, dans la province du Sud Kivu, est à la base de déplacements des milliers de personnes qui abandonnent actuellement , leurs lieux d’habitation pour aller s’installer dans des zones plus sécurisées.
Dans des zones déjà sous contrôle des éléments de l’AFC/M23, dont une grande partie de la province du Nord Kivu et le territoire de kalehe, Kabare, Idjwi et Walungu; des banques et coopératives d’épargne ont deja fermer leurs portes. Ce qui accentue la crise économique dans cette partie de la République Démocratique du Congo.
Les paysans agriculteurs ne sont pas épargnés.
Alors que le calendrier agricole recommande aux agriculteurs de procéder au semi dès le début de la saison qui s’approche; dans des zones touchées par cette guerre la réalité était contraire.
Pour la plupart des cultivateurs, la préparation du sol n’a pas encore commencée alors qu’on est déjà en avril. Cependant, le calendrier agricole, leur recommande de procéder au semis le mois de février.
Justifiant ce retard, certains agriculteurs rencontrés parlent du manque des semences à introduire dans le sol.
Ils indiquent que pendant cette période de guerre, par manque de nourriture, ils ont même consommé la semence qu’ils réservaient pour la saison B.
”On avait récolté une très grande quantité de haricots. Personnellement j’avais récolté plusieurs kilogrammes. Mais comme vous le voyez, j’ai accueilli ici à la maison un grand nombre de déplacés. Pendant tout ce temps, on ne touche que sur cette quantité pour manger. Ce que je prépare ici, c’est ce que je réservais comme semence. Donc, j’ai déjà tout consommer y compris la semence.” fait savoir Maria M’Nsimbula habitant de Bushumba.

Les produits agricoles biofortifiants ont sauvé des vies dans Kabare.
Nombreux des agriculteurs interrogés dans le groupement de Bushumba, dans le territoire de Kabare, indiquent qu’ils ont eu la vie sauve grâce aux produits champêtres issus des semences bio fortifiées leur distribuées, dans le passé, gratuitement par l’Harvestplus dans le cadre du Programme Multisectoriel de Nutrition et Santé”PMNS”.
Récoltés en qualité et en quantité, mais aussi plus préférés par la population locale, ces produits bio fortifiés, dont haricots et patates douces à chair orange étaient plus visibles étalés dans des marchés. Consommés en grande quantité par la population, ceci à permis aux bénéficiaires de ce projet d’avoir non seulement à manger mais également de l’argent pour subvenir à d’autres besoins.

Des vendeurs en ont également bénéficié car, c’est l’unique occupation qu’avaient nombreux d’entre eux. Y compris la population consommatrice qui s’est contentée de la qualité de ces produits champêtres.
”Les patates douces à cher orange que j’étale ici, viennent de Kamakome. Je les ai achetés auprès des cultivateurs qui avaient bénéficié des semences bio fortifiées de Harvestplus. Malheureusement eux aussi en manque déjà, leur stock s’épuise. Dans les jours à venir on aura plus, où se ravitailler” s’inquiète Sifa, vendeuse rencontrée au marché de Kavumu.
Risques de la famine dû à la carence de semence.
Vu que, suite à la guerre, la plupart des bénéficiaires du projet PMNS, ont consommé même la semence pourtant réservées pour la saison B2025, ces paysans dont, dans leur champs, nombreux n’ont pas encore commencé les travaux de préparation du sol, craignent déjà une famine accrue dans les mois à venir.
Leurs champs restent en jachère pour des raisons de manque de semence. Aussi n’ont pas d’espoir d’avoir des semences de bonnes qualités pour des saisons culturales à venir.
”Sans cette semence nous donnée par Harvestplus, on allait mourir de la famine pendant cette période. En réalité c’est seulement les produits champêtres issus de ces semences que mangions. Ces semences de harvestplus étaient de bonnes qualités. Ça produit des quantités importantes de haricots et de patates douces de cher orange. Maintenant la question qu’on se pose, comme on a tout consommé, y compris la semence, quel sera notre sort dans les jours à venir ? ” se questionne Mwavita lorence habitant de chikomba2.
D’où leur demande aux donateurs dont Harvestplus, d’intervenir encore pour épargner la population du territoire de Kabare de la crise alimentaire qui s’annonce déjà.
”Nous demandons à Harvestplus de nous venir encore en aide. Dans les jours à venir nous craignons une crise alimentaire que peut être on ne saura pas supporter. Jusqu’à présent les champs ne sont pas cultivés par manque de semence.” ajoute-t-elle.
A noter que la partie Est de la RDC est déstabilisée depuis des décennies par des conflits armés qui ont des conséquences néfastes sur le quotidien de la population.
Le plus récent, est celui qui oppose les forces armées de la république démocratique du Congo FARDC aux éléments M23. Une situation qui handicape jusqu’à présent l’économie dans la région.
Rédaction